1. La Responsabilité Sociétale des Entreprises
  2. L’insertion professionnelle par l’activité économique
  3. Le travail temporaire facteur d’insertion professionnelle
  4. Secteur et entreprises concernées par le travail temporaire
  5. Tout savoir sur l’entreprise de travail temporaire d’insertion

Le travail temporaire au service de l’insertion professionnelle

Travail temporaire et insertion professionnelle sont liés. Le travail en intérim est une porte d’entrée dans le monde professionnel pour beaucoup de demandeurs d’emploi. Le travail temporaire et l’insertion professionnelle s’articulent aussi dans les entreprises de travail temporaire d’insertion. Elles favorisent l’intégration sociale et professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi.
Au 3e trimestre 2019, la France comptait 790 700 intérimaires. Nombre d’ouvriers, cadres, étudiants passent par un contrat d’intérim pour trouver le premier job ou le nouvel emploi. Cet article aborde en détail les relations entre travail temporaire et insertion professionnelle.

Le travail temporaire et l'insertion professionnelle-1

La Responsabilité Sociétale des Entreprises

La Responsabilité Sociétale des Entreprises mise sur une économie à disposition de son écosystème. Ce qui implique :

  • la prise en compte de la situation des personnes qui cherchent un emploi ;
  • la mise en avant de la situation des ressources disponibles ;
  • le principe de réalité quant aux difficultés liées à l’environnement.
La Responsabilité Sociétale des Entreprises prend plusieurs formes. Les actions fréquentes sont la lutte contre l’exclusion (adaptation du poste de travail au handicap) et l’implication des salariés (formation, parcours évolutifs).
Pour mesurer l’état de la RSE et sa mise en œuvre en entreprise, différents labels existent :
  • label ISO 26000 ;
  • label LUCIE ;
  • Label RSE-I ;
  • UN Global Impact – Charte des N.U.
Les outils à disposition de l’entreprise engagée dans une démarche sociale RSE sont nombreux. Les plus importants sont :
  • la déclaration de performance extra-financière ;
  • le guide publié par le réseau des acteurs du développement durable.
En France, le cadre légal de l’État incite les partenaires économiques à s’engager dans la démarche RSE :
  • lois Grenelle I et II de 2007 et 2010 ;
  • loi sur la transition énergétique de 2015 ;
  • loi Pacte de 2019.

Les engagements des entreprises d’intérim d’insertion (ITTE) pour la RSE

Conformément à la nature de son activité, une ETTI contribue à la RSE. Elle remplit en particulier les missions de lutte contre l’exclusion. Elle s’adresse aux personnes éloignées et très éloignées de l’emploi :

  • personne souffrant d’un handicap ;
  • demandeurs d’emploi longue durée, bénéficiaires du RSA ;
  • personne victime de problématiques de mobilité, de santé ;
  • jeunes et adultes sans diplôme ni formation.
Les ETTI mobilisent leurs réseaux sur les exigences de la RSE. Elles accompagnent leurs clients dans l'engagement social, leur mission sociétale, et le respect des clauses sociales des marchés publics. Elles favorisent :
  • la sécurité des postes de travail ;
  • la lutte contre les discriminations professionnelles ;
  • l’atténuation de leur impact environnemental professionnel.

Avantages pour une entreprise de s’engager dans une démarche RSE

L’engagement dans la démarche RSE est profitable à plus d’un titre. Les entreprises captent une plus-value d’image lorsqu’elles l’accompagnent d’un plan de communication. Le retour sur investissement est intéressant. L'entreprise s’ouvre des marchés supplémentaires. Elle séduit de nouveaux talents qui acceptent de devenir salariés de la structure pour des raisons éthiques. Ce premier élan business apporte d’autres bénéfices. L’entreprise devient :

  1. Plus performante : ses actions se font dans le dialogue. L’information est transparente et fluide. Les ressources internes sont mieux gérées. L’entreprise anticipe mieux les besoins de sa clientèle.
  2. Mieux accueillante : le salarié permanent et les intérimaires bénéficient d’un socle confortable de conditions de travail. Les risques de conflits diminuent.
  3. Innovante : l’accompagnement de l’activité par l’éthique RSE simplifie la prise de décision. L’entreprise reste en veille réglementaire permanente.

L’insertion professionnelle par l’activité économique

Le développement d’un cadre légal a favorisé l'insertion professionnelle par l’activité économique (IAE). Le principe est simple : le contrat de travail, l’emploi, quelle que soit sa durée, doit consolider la situation des salariés. Ce secteur s’adresse à des personnes éloignées ou très éloignées de l’emploi :

  • personnes sans diplômes, au parcours atypique ;
  • personne en situation de handicap ;
  • jeunes décrocheurs ;
  • bénéficiaires des minimas sociaux.
L’idée de l’emploi au service de l’insertion est née d’expérimentations sociales dans les années 70. Les professionnels du social ont constaté que le retour au travail pour ces personnes nécessitait des services différents.
Depuis, la législation a officialisé leurs actions. Une première loi de 1998 a fixé le socle légal. L’insertion par l’activité économique s’appuie sur la signature d’une convention entre une entreprise, une association de l’IAE, et l’État.
Comment réussir les actions professionnelles d’insertion pour les travailleurs exclus de l’emploi ? La signature d’un contrat d’accompagnement de la durée de la mission ou du contrat de travail est nécessaire. Ces contrats facilitent le traitement de problématiques :
  • sociales ;
  • de santé ;
  • de mobilité ;
  • de logement ;
  • de formation ;
  • psychologiques.

Les structures de l’insertion par l’activité économique

Aujourd’hui, un pôle de structures d’insertion par l’activité économique existe (SIAE). Il appartient au secteur socle de l’économie sociale et solidaire. Il comprend les 6 grands types de services suivants :

  • les ETTI ;
  • les AI ;
  • les ACI ;
  • les EI ;
  • les régies de quartier ;
  • les GEIQ.
L’État leur confie la mission de mettre en place l’accompagnement socioprofessionnel adapté au public éloigné de l’emploi. En 2019, on répertoriait 3860 structures. Toutes ont la triple mission de :
  1. Faire l’accompagnement socioprofessionnel du salarié pendant qu’il est en poste.
  2. Tout mettre en œuvre pour favoriser la formation après le recrutement.
  3. Permettre, pendant les contrats de travail (cipi, CDDI), l’obtention de qualifications.

Les bénéfices de l’insertion professionnelle

Pour les travailleurs en situation difficile, signer un cipi, un CDDI ou obtenir une mission intérimaire, représente :

  • la perception d’un salaire ;
  • retrouver le chemin de l'estime de soi ;
  • l’opportunité d’un parcours tremplin vers l’emploi et les postes durables ;
  • pouvoir régler des difficultés parfois insurmontables ;
  • entrer dans une démarche de formation professionnelle.
Pour la société, les SIAE créent de la richesse. La Fédération des Entreprises d’Insertion fait état d’un montant de 1,131 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Dans ce dernier rapport, elle indique que le montant des taxes et impôts payés était de 28 milliards d’euros. Au-delà d’un simple montant financier, le secteur de l’insertion professionnelle par l’activité économique contribue au développement du territoire.

Le travail temporaire et l'insertion professionnelle-2

Le travail temporaire facteur d’insertion professionnelle

Le travail temporaire et intérimaire pèse lourd dans l’économie. La croissance de l’emploi en intérim était de 1,8 %, contre 1,7 % pour le PIB (Observatoire de l’intérim et du recrutement). Il y avait 790 700 intérimaires au 3e trimestre 2019, pour 25 444 400 actifs privés et publics (INSEE).
L’industrie et le tertiaire sont les plus gros pourvoyeurs d’emploi intérim :

  • 41,8 % pour le tertiaire ;
  • 38,8 % pour l’industrie ;
  • 18,9 % pour le BTP.
21 346 821 contrats de travail seront conclus la même année. La diversité des contrats est grande : cipi, CDDI, contrats de missions courtes ou longues. Le taux de recours à l’intérim en France en 2019 était de 3,1 % (ministère du Travail).
L’agence d’intérim est en prise directe avec le monde du travail :
  • avec les entreprises utilisatrices (elles lui font remonter très tôt leurs difficultés de recrutement) ;
  • avec les salariés (intérimaires), à qui elle offre un accès à l’emploi et aux qualifications.

Pour les demandeurs d’emploi, le coût d’entrée en agence d’intérim est faible. Le socle de connaissance de base suffit. Pour les entreprises, c’est un outil de sourcing pratique. Les plus grandes signent une convention nationale (réduction du montant des commissions).

Les particularités du contrat de travail temporaire

3,1 % des contrats de travail signés sont des contrats d’intérim. La loi encadre strictement l’emploi intérimaire en entreprise. L’emploi intérimaire ne peut avoir pour seule mission que :

  • le remplacement d’un salarié absent à son poste ;
  • l’accroissement temporaire d’activité ;
  • les contrats d’usage pratiqué pour certains postes ;
  • Les postes de travail saisonniers.
Le contrat de travail temporaire se divise en deux contrats :
  • le contrat de mission ;
  • le contrat de mise à disposition.
L’intérimaire est le salarié qui a signé le contrat de mission avec l’agence d’intérim (ETT). Pour la durée du contrat, l’ETT fixe le montant de sa rémunération. Elle procède à l’accompagnement social des intérimaires, fournit le socle et le cadre hiérarchique.
Les entreprises utilisatrices signent une convention (contrat de mise à disposition). Cela leur permet de bénéficier des intérimaires pour leurs activités professionnelles. Deux impossibilités de recours au travail sous contrat intérim existent :
  • le travail dangereux ;
  • l’embauche en intérim après un licenciement économique.

L’intérim pour l’insertion en entreprise et le travail durable

Le secteur de l’intérim joue un vrai rôle dansl’insertion et le retour à l’emploi. Tous les postes sont concernés, de l’ouvrier au cadre. Deux outils principaux sont à disposition des agences pour l’accompagnement des publics en difficulté. Le cipi (contrat d’insertion professionnelle et intérimaire) :
Il favorise l’accès à l’emploi des intérimaires en situation de fragilité sociale. Grâce à lui, l’ETT propose un contrat d’alternance, entre formation et missions d’intérim.
Seuls certains intérimaires peuvent bénéficier de cet accompagnement renforcé :

  • les intérimaires des ETTI ;
  • les personnes victimes d’un handicap ;
  • les personnes sans socle de compétences de base.
Le CDDI (contrat à durée déterminée d’insertion) :
Né en 2009 et proche du contrat unique d’insertion, il impose deux conditions :
  • le bénéficiaire doit rencontrer des difficultés sociales et professionnelles ;
  • l’entreprise signataire doit appartenir au secteur de l’IAE (insertion par l’activité économique).
L’objectif est de permettre aux travailleurs de bénéficier d’une formation et d’une expérience dans un secteur professionnel. La durée du contrat est de 4 mois minimum et 24 mois maximum.

Secteur et entreprises concernées par le travail temporaire

Le nombre d'entreprises concernées par le travail temporaire est élevé. Sur le plan européen, uneentreprise sur trois fait appel à la mission d’intérim pour son activité. Suivant le domaine professionnel, le recours au contrat intérimaire est plus ou moins fréquent. Le rapport Pôle Emploi 2019 fait état des chiffres suivants :

  • L’industrie et le secteur de la construction sont le socle du travail intérimaire (respectivement 39,8 % et 22 % de l’intérim).
  • Le secteur des services (tertiaire) s’octroie 37,7 % des travailleurs intérimaires.
Les chiffres de Pôle Emploi font aussi état d’une divergence entre l’intérim et l’emploi classique :
  • Les services emploient 76 % des salariés.
  • L’industrie représente 7,7 % de l’emploi salarié total.
  • Le BTP (construction) occupe 16,2 % des salariés français.
Les grandes firmes de plus de 50 salariés représentent le montant de chiffre d’affaires le plus élevé de l’emploi en intérim. Dans le secteur des services, c’est le transport logistique qui est le plus gros employeur d’intérimaires.

Le travail temporaire dans le BTP

Le travail temporaire et le BTP ont des affinités structurelles. Le bâtiment est une activité de chantier. Pôle Emploi peine à répondre avec efficacité à son besoin permanent de constituer des équipes. Le cœur de métier des agences d’intérim est la sélection de candidats pour des missions à durée déterminée. Elles articulent facilement les profils divers :

  • personnes en situation de handicap ;
  • chômeurs sans formation ;
  • détenteurs de compétences rares ;
  • personnes issues de l’immigration.
Les données de l’Observatoire de l’intérim font état du profil type suivant pour l’intérimaire du BTP :
  • il est ouvrier non qualifié ou qualifié à 80/90 % ;
  • les hommes sont, par convention et habitude, plus nombreux que les femmes ;
  • l’intérimaire a en moyenne 32,5 ans.
Majoritairement ce sont les firmes des travaux publics qui sont les plus gros pourvoyeurs de contrats de travail d’intérim.

Le secteur propreté et restauration collective

L’origine sociale modeste des personnes en contrat intérim dans une entreprise de propreté est un fait. Les salariés sont souvent sans diplôme ni formation. La plupart du temps, les intérimaires sont d’origine étrangère.
Les données INSEE font état de la situation suivante pour l’emploi :

  • les femmes sont majoritaires ;
  • les postes proposés sont en grande majorité à temps partiel ;
  • les salariés âgés font partie de la main-d’œuvre ;
  • 90 % des embauches se font en CDD ou en intérim.
Le secteur propreté appartient par convention à celui des services. L’externalisation des services de propreté initiée dans les années 70 continue à produire des effets dynamiques sur l’emploi.
La restauration collective propose également de nombreux postes en intérim, sur une trentaine de métiers. Les secteurs employeurs sont :
  • l’enseignement ;
  • l’action sociale ;
  • l’administration ;
  • la santé.
Les agences d’intérim font état de demandes récurrentes pour postes suivants :
  • employé de restauration collective ;
  • chef cuisinier ;
  • chef de produit ;
  • cuisinier ;
  • chef gérant.

Tout savoir sur l’entreprise de travail temporaire d’insertion

Les agences de travail temporaire d’insertion privilégient l’humain dans leur activité. Elles prennent acte de l’état et de la situation de la personne pour la construction de son parcours d’insertion.
Tout savoir sur les ETTI demande de considérer leur situation au sein de l’IAE (insertion par l’activité économique). Avec les EI, elles appartiennent au secteur marchand de l’insertion. Le dernier rapport de la Cour des comptes faisait état de 960 ETTI.
Leur activité consiste à mettre à la disposition de leurs clients des salariés éloignés ou très éloignés de l’emploi. Le socle de la mise à disposition est le contrat de travail temporaire.
Elles peuvent également utiliser le cipi (contrat d’insertion professionnelle et intérimaire) présenté plus haut. Le CDDI fait partie, avec le cipi, de l’éventail de contrats spécifiques à l’insertion.
Une fédération nationale et des fédérations régionales les coordonnent. Le rapport de la Cour des comptes de 2019 fait état de :

  • 33 100 salariés en ETTI ;
  • dont 82 % d’hommes et 18 % de femmes ;
  • 74 % à niveau scolaire inférieur au CAP/BEP.

Le rôle de l’entreprise de travail temporaire d’insertion

Son rôle ne s’arrête pas, en l’état, à placer en situation de travail les personnes éloignées de l’emploi. Il vise également à résoudre les difficultés sociales et professionnelles de façon durable.
Pour cela, elles mettent en place des actions différentes et complémentaires :

  • construction de parcours d’insertion pour une durée de 24 mois ;
  • accompagnement interne des intérimaires ;
  • travail avec un réseau externe pour la formation.
Elles proposent un suivi socioprofessionnel en dehors des contrats d’intérim. Leur action, au-delà de la délégation des salariés, est :
  • la redynamisation sociale ;
  • la requalification professionnelle ;
  • la résolution des problématiques personnelles.

L’ETTI en Nouvelle-Aquitaine

En moyenne, les salariés sous contrats intérimaires en ETTI reçoivent 86 heures de formation par ETPi. Le parcours moyen est d’une durée de 10 mois. Les données de 2019 font état de 30 établissements en région Nouvelle-Aquitaine. Le total est de 1967 ETPi, en comptant les 110 EI de la région. La majeure partie est implantée en Gironde et en Charente.
Elles couvrent les champs d’activité suivants :

  • BTP ;
  • agroalimentaire ;
  • environnement ;
  • pêche ;
  • agriculture ;
  • commerce ;
  • distribution ;
  • nettoyage et propreté.

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